Sur cette page, vous trouverez quelques - unes des idées qui m'ont amené à mettre mes cours en ligne. Ces idées peuvent se discuter, bien sûr. Ce texte a fait partie d'un projet soumis à l'IUFM de Lille et au Conseil Général du Nord en vue de l'obtention d'une classe TICE.

Sommaire

 

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1- Description de l'outil pédagogique informatique.

 

2 - Méthodes, techniques, terrains.

 

3 - Enseignement et informatique ?

 

4 - Finalités pédagogiques : favoriser l'apprentissage et la réflexion.

 

5 - Rôle du professeur et mode de fonctionnement de l'équipe.

 

6 - Bibliographie.

 

Description de l'outil pédagogique informatique

 

Le projet a pour finalité la constitution d'un outil de travail interactif (au moyen du langage HTML, celui qui fonctionne sur l'internet) dans le cadre du programme d'Histoire - Géographie du Collège (ou d'une partie de celui - ci).

L'accès aux documents électroniques réalisés peut se faire par l'internet et/ou sur cédérom.

 

Le projet diffère des manuels sur support papier (très respectables par ailleurs) en raison de sa souplesse d'utilisation, son faible coût et son adaptabilité au public scolaire.

 

D'autres disciplines trouvent leur place dans ce projet : ayant enseigné en LEP le Français et l'Histoire - Géographie, la transdisciplinarité me semble évidente ; elle est à la fois un atout et un défi.

 

Cet outil électronique se composerait de plusieurs parties (il va sans dire que la mise en place d'un tel projet ne peut être envisagé sans une réflexion au niveau de l'établissement qui abrite et les élèves et les équipements et dans lequel travaille le professeur rédacteur de ce projet) :

 

a) Un cours (des chapitres brefs, portant les traces des habitudes orales et écrites de l'enseignant : les élèves ne doivent pas être perdus dans des documents impersonnels ; ils doivent comprendre que le travail proposé a été fait pour eux par quelqu'un de proche ; pourtant ce travail doit aussi être lu par d'autres élèves et c'est là une condition de sa validation).

Ces cours sur support électronique sont centrés sur une thématique vue en cours (exemple : le rôle de l'eau dans la formation urbaine, Nantes et la Loire - document en partie réalisé - dans le cadre du cours de géographie en 4e).

 

Le document électronique reprend les points centraux du cours, répète les connaissances, consolide les acquis, stimule la curiosité.

b) Une documentation iconographique (images et films autour d'éléments du patrimoine architectural et artistique, du paysage humain et industriel régional : l'enseignant étant partie prenante à la réalisation de cette documentation).

c) Des activités de méthodologie (cartographie, représentation graphique, production écrite).

d) Une aide lisible sur l'écran et vocale. Un support écrit (pour cette aide) est envisageable. De toute façon, l'enseignant n'est pas loin…

e) Un lexique.

f) Des exercices à plusieurs niveaux de difficulté pour les thèmes et problématiques abordés.

g) La possibilité pour les élèves de joindre leurs propres réalisations au document du professeur et de les faire partager à d'autres élèves.

h) La faculté pour les élèves de donner leurs avis, leurs réactions (sous forme écrite et/ou par communication orale avec le professeur et/ou l'administrateur du réseau).

Cette description prend en compte une observation sur le terrain et répond à des objectifs pédagogiques.

 

Méthodes, techniques, terrains

 

Le public scolaire est, me semble - t - il, à considérer en premier lieu. Celui du Collège Madame de Staël de Lille - établissement situé en ZEP (REP) - est divers. On y retrouve les éléments sociaux et culturels décrits par Monsieur François Dubet et développés depuis.

 

J'insisterai pour ma part sur trois d'entre eux :

- Ce public scolaire collégien souffre d'un accès réduit, difficile, problématique, conflictuel aux outils culturels traditionnels (l'écrit, les examens, les cours). L'école est, de plus, le lieu où ils expriment leur malaise.

 

- Le programme d'Histoire et de Géographie est riche et dense. Mon expérience me montre que ses contenus sont transmissibles aux élèves : ceux - ci sont intéressables.

- Le public scolaire de ce collège recèle des élèves excellents (selon les « normes » traditionnelles). Ces élèves, comme de nombreux autres, sont très demandeurs.

 

C'est pourquoi l'outil pédagogique informatique est un élément à retenir dans le processus de transmission de compétences et de savoirs.

 

La production d'un outil pédagogique informatique multimédia passe, à mon sens, par différentes étapes :

- Prise en compte et évaluation de ce qui a été fait (les outils développés par le GEREX, par exemple).

- Prise en compte et évaluation de ce qui existe déjà dans le domaine des TICE.

- Observation et analyse du comportement des élèves, de leurs demandes, de leurs difficultés.

- Constitution d'une équipe pédagogique : la définition, par la concertation, de fondamentaux dans chaque discipline est une nécessité.

- Production de supports informatiques.

- Mise en situation des élèves (sans pour autant qu'ils soient des cobayes) : la description et les objectifs contenus dans ce document permettent de penser que ce ne sera pas le cas.

- Observation des réactions des élèves (feedback).

- Modification, adaptation des supports informatiques.

- Réflexion de l'équipe de professeurs pour aller plus loin.

 

Enseignement et informatique ?

 

L'utilisation de l'informatique à des fins éducatives ne doit pas être considérée comme une recette, ni comme une panacée, encore moins une mode mais bien plutôt en tant que relais éducatif (à l'exemple de l'oral et de l'écrit) entre l'enseignant, son public, le contenu de savoirs et de compétences à transmettre.

 

Mon intérêt pour les nouvelles technologies et leur utilisation dans l'enseignement provient (outre d'une pratique personnelle) de diverses remarques qui me servent de point de départ :

 

• L'activité de l'enseignant avec (et non pas en face de) son public scolaire repose sur deux compétences à développer et acquérir.

Ces compétences sont celles de la production orale et écrite. L'oral pour la communication immédiate entre le professeur et les élèves et entre les élèves eux - mêmes ; pour la performance orale d'exposé.

L'écrit pour la validation des acquis, la production de travaux sur le long terme (recherche en liaison avec le CDI, par exemple).

L'oral et l'écrit sont deux moyens, quotidiens, traditionnels et éprouvés, de transmettre un savoir (pour l'enseignant), de signaler ses compétences (pour l'élève), de montrer son plaisir (pour tous).

Hiérarchiser l'oral et l'écrit ne doit pas se faire au détriment du public scolaire de ZEP et de LEP chez qui la culture orale tient une grande place et où l'écrit, l'imprimé, la lecture sont rares et perçues comme des facteurs d'échec scolaire.

 

• Quelle place alors pour le support informatique ?

La réponse est complexe pour cet outil dont la présence dans les établissements est perçue parfois comme une inutile intrusion. Les éléments de réponse qui suivent (et qui n'engagent que moi) sont le fruit d'observations, d'expériences et de projets (dont le présent texte témoigne) :

 

- Le support informatique ne doit pas remplacer le professeur. Celui - ci n'est là pour charger un cédérom dans une machine.

- Le support informatique complète, à mon point de vue, la production orale et écrite. Il est un relais. Il serait déplorable que le support informatique fût un écran entre le professeur et son public. Les élèves doivent être convaincus que leur enseignant maîtrise cet outil. Un bon moyen de s'assurer cette compétence est de produire son support informatique pédagogique.

- Il n'est pas possible de parler d'informatique dans l'enseignement sans songer au rôle, au poids de l'image. Les réflexions engagées sur l'usage de l'image (cf. le colloque de Clermont &endash; Ferrand de l'IREGH, novembre 1997) sont à intégrer et à poursuivre. Le multimédia impose une réflexion sur les rapports entre le lisible et le visible.

 

• L'outil informatique : pour quels élèves ?

Pour tous. Il est entendu que l'outil informatique sera, dans un proche avenir, un moyen de communication et un outil de travail quotidien : nos élèves doivent alors en acquérir la maîtrise. L'école publique a aussi pour mission de donner au plus grand nombre l'accès aux techniques nouvelles afin de ne pas pénaliser ceux qui ne disposent pas dans leurs foyers de tels équipements.

Quel est l'apport de l'usage de l'outil informatique pour favoriser l'apprentissage et la formation ?

 

Finalités pédagogiques : favoriser l'apprentissage et la réflexion

Les pages précédentes ont déjà mis en relief les particularités et les possibilités des nouvelles technologies. Leur mise en place dans le cadre de documents électroniques permet de structurer les apprentissages, de développer les capacités et les curiosités.

En effet, quelles sont compétences et les processus d'apprentissage qui sont concernés ?

 

a) Les liens logiques (cause/conséquence ; avant/après).

b) La lecture et la compréhension des consignes.

 

c) La spatialisation (notion d'échelle, passage du niveau local au niveau régional, puis au niveau national, enfin au niveau mondial).

d) La représentation (la capacité d'abstraction).

e) La mémorisation (le multimédia concentre et stimule les mémoires visuelle et auditive).

f) La transformation d'informations et leur commentaire (lecture et compréhension de données statistiques/application de la méthode de représentation graphique/application de la méthode de cartographie/commentaire écrit des documents réalisés/performance orale &endash; possibilité de travail collectif). Spatialisation et représentation sont d'utiles outils conceptuels et graphiques quand l'on connaît l'évolution des examens (ainsi l'épreuve, toute récente, de cartographie au Baccalauréat).

g) L'utilisation des liens (d'où le recours au langage HTML qui construit les liens de l'internet, de documents en intranet, de réalisations sur des machines individuelles). La construction de documents électroniques avec des liens est l'un des fondements du travail projeté : liens dans le domaine de l'Histoire, liens entre l'Histoire et la Géographie, liens entre ces domaines du savoir et d'autres disciplines enseignées, liens logiques, liens construits par la curiosité, liens civiques.

h) Le développement de l'autonomie des élèves : ceux - ci deviennent acteurs de leurs savoirs. Cette autonomie responsabilise les élèves par des initiatives dans l'acquisition des connaissances.

L'ambition qui résume ce projet est que les élèves, loin d'être des consommateurs passifs, cherchent, découvrent, apprennent, comprennent, produisent.

 

Rôle du professeur et fonctionnement de l'équipe

 

Le professeur est là. Acteur et guide. L'élève n'est pas seul.

 

Il est celui qui a produit le document et l'a proposé à son public scolaire : de ce fait, il en observe la réception, l'utilisation, les difficultés de mise en Ōuvre et de compréhension.

 

Le professeur est là ensuite pour dresser le bilan de l'usage que les élèves font de sa production et de l'adapter rapidement, puisque l'outil le permet, au public concerné, à ses remarques, à ses besoins.

 

Il est prêt, enfin, à faire partager ses idées avec d'autres enseignants et à recevoir des critiques. Le support multimédia est un support ouvert. Il peut travailler et faire partager son expérience, ses projets et ses espoirs avec des personnels en cours de formation en IUFM.

 

Le travail d'équipe est évidemment souhaitable pour ce type de réalisation tant au niveau de la conception, de l'observation, de l'adaptation du support pédagogique informatique.

 

L'équipe peut fonctionner dans le cadre de l'établissement et celui de l'IUFM.

 

Le rédacteur de ces lignes se met à la disposition de l'IUFM pour rencontrer les responsables du projet et montrer ses réalisations déjà existantes.

La communication des résultats peut s'effectuer selon différentes modalités (et avec une régularité trimestrielle) :

- support imprimé,

- communication orale,

- consultation du site internet du collège où j'enseigne.

 

Bibliographie (volontairement réduite) et ressources documentaires :

 

- Baron (G. &endash; L.) et Glickman (V.), Technologies nouvelles et éducation : quatre années de recherche à l'INRP, Paris, INRP, 1996.

- Collectif, Enseignement, formation et nouvelles technologies, Paris, INA, 1997.

- CNDP : ses publications (en particulier celles d'ingénierie éducative) accessibles et téléchargeables depuis le site web http://www.cndp.fr.

- Drevillon (A.), Pratiques éducatives et développement de la pensée opératoire, Paris, PUF, 1980.

- « Historiens & Géographes », revue des enseignants de cette discipline.

- IREGH (Institut de recherche sur l'enseignement de l'histoire et de la géographie) : sa revue et ses colloques.

- Manuels d'Histoire &endash; Géographie collectionnés depuis plusieurs années.

- « Mappemonde », revue de géographie.

- Meirieu (Ph.) , Apprendre… Oui, mais comment ? , Paris, Éditions ESF, 1987.

- Piaget (J.), Psychologie et pédagogie, Paris, Denoël, 1969.


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