Doué d’une éloquence abondante et forte, il s’exprimait avec une grande netteté sur toute espèce de sujets.
Ne se bornant pas à sa langue paternelle, il donna beaucoup de soins à l’étude des langues étrangères,
et apprit si bien le latin qu’il s’en servait comme de sa propre langue ; quant au grec, il le comprenait mieux qu’il ne le parlait.
La fécondité de sa conversation était telle au surplus qu’il paraissait aimer trop à causer.
Passionné pour les arts libéraux, il respectait les hommes qui s’y distinguaient et les comblait d’honneurs.
Le diacre Pierre, vieillard, natif de Pise, lui apprit la grammaire ; dans les autres sciences il eut pour maître Albin, surnommé Alcuin, diacre breton,
Saxon d’origine, l’homme le plus savant de son temps ; ce fut sous sa direction que Charles consacra beaucoup de temps et de travail
à l’étude de la rhétorique, de la dialectique et surtout de l’astronomie, apprenant l’art de calculer la marche des astres et suivent
leur cours avec une attention scrupuleuse et une étonnante sagacité ; il essaya même d’écrire, et avait habituellement sous le chevet
de son lit des tablettes et des exemples pour s’exercer à former des lettres quand il se trouvait quelques instants libres ;
mais il réussit peu dans cette étude commencée trop tard et à un âge peu convenable,



Eginhard, extrait de la Vie de Charlemagne.

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