CLASSES DE 4D.

C3.
Dossier 1.



Bonjour !

Comme prévu, vous pouvez lire les documents qui composent ce dossier d'Histoire.

Vous aurez les questions le jour du devoir écrit.

Je réponds à vos demandes par courrier électronique ou au Collège.

Bonne lecture !

Soyez les meilleur(e)s !


LA CONSTRUCTION NAVALE ET LA MARINE DURANT L’ANCIEN RÉGIME* EN FRANCE.
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Documents :

1 – Une construction de plus en plus organisée :
Jusqu’au XVIIIe siècle, la construction navale évolue de manière empirique. La formation des maîtres-constructeurs s'effectue dans un cadre privé et le corpus des connaissances transmises demeure mal connu. Ni règle mathématique, ni dessin préparatoire ne nous sont parvenus. En France, c’est Colbert qui décide de nationaliser l'art de construire des navires. Les premières règles sont fixées à partir de 1671. Ce n’est toutefois qu’avec Maurepas, Secrétaire d'état à la Marine (1723–1749), qu’est franchi le pas décisif. A l’imitation de la méthode d’espionnage utilisée par Colbert, le ministre envoie des agents dont la mission définie par le roi est claire : rapporter dans les arsenaux français des informations techniques de construction navale anglaise et hollandaise pour améliorer la production. L’importance de la formation est reconnue et l'Inspecteur général de la Marine, Duhamel du Monceau, propose en 1741 la création d’une Ecole de construction navale.

2 – L’intense activité des arsenaux :
Le mot arsenal vient de l’arabe dar as sina’a, la maison où l’on construit. Un vaisseau naît sur ordre du roi, déterminé par les besoins de la flotte (constitution, renouvellement, entretien). L'arsenal doit répondre à quatre exigences : abriter, construire, entretenir et armer les navires. C’est un espace stratégique. Fermé et protégé, il assure une protection contre l’espionnage et contre les incendies. C'est aussi le lieu de représentation du pouvoir central : l’Intendant est le « roi présent dans l’arsenal ». En France, à l'époque de Colbert, trois grands arsenaux équipent, entretiennent et arment la flotte : Brest, Rochefort et Toulon. Pour installer un arsenal, il faut un lieu réunissant toutes les conditions nécessaires : protection du port, protection contre les vents, richesse de l'arrière-pays, aménagement des accès terrestres pour l’acheminement des matériaux utiles à la construction.
• L'arsenal de Brest, voulu par Richelieu se développe à partir de 1670. Il bénéficie d’une très bonne situation sur l’Atlantique.
• Le site de Toulon est son équivalent sur la Méditerranée.
L’arsenal de Rochefort est créé en 1666 sur la Charente, à 25 km de la mer. Sa réalisation nécessite d’énormes dépenses.

La construction d'un navire met en jeu des savoir-faire complexes et pose des problèmes de logistique considérables, en raison des poids et des volumes à assembler et à déplacer. Des innovations voient le jour pour mécaniser, rationaliser et faciliter ces opérations. Siège d’une véritable activité industrielle, l’arsenal dispose d’une importante population ouvrière. Ses principaux corps de métiers sont les maîtres de haches, qui deviennent les maîtres-constructeurs (architectes), les charpentiers, les calfats, les sculpteurs. Les corps de métiers dominants concernent directement la fabrication de la coque du navire. De nombreux ateliers spécialisés préparent les pièces nécessaires au navire : corderie, voilerie, menuiserie, sculpture, forges. Le mélange de groupes sociaux et de métiers, d'origines et d'intérêts, génèrent des tensions, des abus, des débordements. Cette concentration entraîne la création d’une police des arsenaux. Les trafics sont directement liés à l’intense activité de l’arsenal commandée par le roi. Véritable poumon de la ville, l’arsenal rythme la croissance et la prospérité de la cité. La variation des commandes royales a des conséquences directes sur l’ensemble des habitants de la région.


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